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Mon Premier Déploiement d’Urgence – Népal 2015

Cela fait un peu plus d’un an que je me trouve en Asie du Sud Est, basée à Bangkok et couvrant une dizaine de pays. Malgré des déplacements professionnelles très fréquents (j’ai parfois l’impression de passer ma vie dans un avion), j’essaie aussi de trouver un peu de temps pour découvrir la région.

Avec quelques collègues, nous décidons de partir quelques jours au Vietnam, afin de découvrir la baie d’Halong.

Et voilà comment les choses peuvent vite changer dans la vie d’un humanitaire...

A l’aéroport, mon téléphone sonne, c’est le siège de mon organisation. On m’informe qu’il y a eu un gros tremblement de terre au Népal et qu’en tant que membre du pool de déploiement d’urgence, je suis mobilisée. Le temps que les choses s’organisent, on m’informe d’un départ d’ici environ 3-4 jours. Et voilà comment les choses peuvent vite changer dans la vie d’un humanitaire... Les choses se mettent en place très rapidement. Les briefings de départ ont eu lieu et me voilà dans l’avion, direction Katmandu. Malgré de nombreuses années d’expérience, c’est la première fois que je suis déployée pour une catastrophe naturelle et je dois avouer que c’est un peu angoissant… A mon arrivée, c’est le chaos à l’aéroport. De nombreuses organisations envoient de l’aide matérielle et humaine. Le spectacle qui s’offre à moi est assez déconcertant. Un chauffeur est venu me récupérer, et nous voilà en route pour la délégation. Certains quartiers ont été très touchés alors que d’autres parties de la ville semblent moins affectées. A l’arrivée au bureau, pas trop le temps de réfléchir... Après un briefing sécurité, le travail s’organise. Je retrouve cette solidarité avec mes collègues et ces liens qui se créent très vite et très forts quand nous sommes dans des contextes difficiles. Je suis également impressionnée par mes collègues népalais, eux-mêmes touché par cette tragédie. Les répliques sont nombreuses et font partie de notre quotidien. Environ 1 semaine après mon arrivée, le 12 mai, alors que je discutais dans le bureau avec un collègue népalais, nous sentons une nouvelle secousse, mon collègue a tout de suite senti qu’il ne s’agirait pas cette fois-ci d’une simple réplique et me dit de sortir du bâtiment aussi vite que possible. A ce moment-là, je ne peux pas décrire ce que j’ai ressenti… c’était impressionnant, effrayant. En effet, voilà un nouveau tremblement de terre qui frappe la région (magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter). Nous voilà tous rassemblé dans la cour, essayant de reprendre nos esprits, après quelques minutes de silence, c’est la panique. Nos collègues népalais pensent tout de suite à leur famille et essaient de les joindre. Le réseau téléphonique est coupé par endroit et également saturé.

Quel exemple pour l’humanité!

Cette nouvelle catastrophe a de lourdes conséquences sur une région déjà dévastée environ 2 semaines auparavant, les bâtiments déjà fragilisés s’effondrent… Notre travail reprend, les choses s’organisent et un état des lieux de la situation est effectué afin d’identifier les besoins les plus urgents. Je suis à nouveau impressionnée par la résilience de mes collègues népalais, qui sont présents à nos côtés et qui travaillent sans relâche alors que certains d’entre eux viennent de tout perdre. Quel exemple pour l’humanité! Je serai restée au total 5 semaines au Népal, avant qu’une collègue prenne le relais. Cette expérience m’a énormément appris et restera gravée dans ma mémoire.